Selon les agences Reuters et AFP, les dirigeants du G8, réunis à Toyako au Japon, se sont mis d'accord le 8 juillet sur un objectif de réduction des gaz à effet de serre (GES) d'au moins 50% d'ici 2050.
Dans une déclaration commune, les huit dirigeants indiquent que des objectifs à mi-échéance seront nécessaires afin d'atteindre leur
vision commune pour 2050, sans toutefois préciser le niveau de ces objectifs.
Les membres du G8 entendent également coopérer avec 200 pays au sein des discussions menées par les Nations-Unies. La déclaration insiste sur la nécessaire
contribution de toutes les principales économies, notamment les pays émergents tels la Chine ou l'Inde, ce qui a toujours constitué une demande des Etats-Unis. Dans le même temps, le G8 reconnaît qu'il revient aux économies développées de jouer un
rôle moteur dans la lutte contre le réchauffement.
L'Union européenne a salué l'adoption du texte, estimant qu'il permettrait de maintenir l'objectif de conclure un traité en 2009, lors de la conférence climat de l'ONU à Copenhague.
Les critères de réussite de l'UE pour ce sommet ont été remplis, s'est félicité le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Les ONG déçues
Du côté des organisations écologistes, le WWF a dénoncé une absence
pathétique de progrès alors que le G8 est responsable de 62% du CO2 accumulé dans l'atmosphère terrestre.
Il faut être de nature très optimiste pour réussir à voir cet objectif de 50% comme une avancée significative. Non seulement ce chiffre est insuffisant pour éviter les pires impacts du réchauffement climatique, mais ce n'est de plus qu'une version à peine améliorée de ce que le G8 déclarait il y a un an, a déclaré Serge Orru, directeur général du WWF France.
Et pour Karine Gavand, responsable de la campagne Climat à Greenpeace France,
la déclaration commune des pays du G 8 réunis à Toyako, au Japon, est tout simplement affligeante, et l'objectif à long terme avancé par les pays du G 8 est vide de sens.
Le G 8 ou les réunions des MEM ( Major economies meeting ) nous font perdre du temps, alors qu'il ne nous reste que 100 mois pour inverser la courbe de nos émissions de gaz à effet de serre, a-t-elle indiqué.
Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement (FNE), a quant à lui dénoncé un
engagement en trompe l'œil des Etats-Unis .
La volonté affichée des Etats-Unis de s'engager enfin sur un objectif est un leurre dés l'instant où ils subordonnent leurs propres efforts à la ''contribution de toutes les principales économies'', notamment les pays émergents tels la Chine ou l'Inde, a-t-il déploré. La FNE se dit également ''déçue'' par la décision du G8
de se contenter d'un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en retrait par rapport aux engagements européens.
Rappelons que le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) recommande de réduire les émissions mondiales entre 50 et 85 % d'ici à 2050 afin de rester en deçà d'un réchauffement global de 2°C d'ici la fin du siècle.
R. BOUGHRIET
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