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Michel Barnier propose un plan d'action pour l'agriculture biologique

AGRICULTURE - Actu-Environnement.com - 16/09/2007
 
13e producteur européen de produits bio en 2004, la France est désormais contrainte d'importer la moitié de sa consommation. Un non-sens que le ministre de l'agriculture propose de corriger avec un plan d'action pour l'agriculture biologique.
 
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Dans le cadre d'un discours prononcé le 12 septembre devant le grand conseil d'orientation de l'Agence Bio, un groupement d'intérêt public dont la mission est d'œuvrer pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique française, le ministre de l'agriculture et de la pêche, Michel Barnier, a annoncé la mise en place d'un plan d'action intitulé «Agriculture biologique : horizon 2012». L'objectif : amener l'offre française en agriculture biologique à un niveau permettant de satisfaire la demande des consommateurs en 2012.

L'agriculture biologique ou agrobiologie se distingue par son mode de production : interdiction, sauf exception, d'intrants d'origine chimique et d'organismes génétiquement modifiés (OGM), recyclage des matières organiques, utilisation des médecines douces pour l'élevage, utilisation de produits (engrais) aux origines naturelles, rotation modérée des cultures, élevages peu intensifs, etc. de façon à préserver les sols en assurant ainsi la reconstitution naturelle. Les agriculteurs dits bio sont regroupés en fédérations avec des cahiers des charges à respecter pour l'obtention de labels biologiques.

Alors que l'agriculture biologique française était en tête des pays européens dans les années 80, elle était en 2004 au treizième rang, loin derrière l'Autriche ou l'Allemagne. Il faut constater que la demande progresse alors que l'offre française stagne, a reconnu Michel Barnier. En effet, l'agriculture biologique en France reste encore marginale avec seulement 2% des terres cultivées ! Résultat : la moitié du bio consommé en France est importé.

Pour faire face à cette situation devenue aberrante, le plan proposé intègre la recherche, le développement et la formation, ainsi que les outils de structuration des filières, la consommation de produits bio, la réglementation adaptée et la conversion et la pérennité des exploitations biologiques. Le plan répond donc d'ores et déjà à plusieurs demandes exprimées dans le cadre du Grenelle de l'environnement : stimuler la demande en encourageant l'introduction de produits biologiques dans la restauration collective, développer l'offre par un accroissement des surfaces consacrées à l'agriculture biologique et développer la recherche agronomique sur les techniques biologiques. L'agriculture biologique doit pouvoir compter sur l'ensemble de l'organisation de recherche publique, notamment sur l'Institut National de Recherche Agronomique et les instituts techniques, pour soutenir ses progrès, a prôné le ministre de l'agriculture.

Pour promouvoir la recherche, le développement et la formation, Michel Barnier souhaite que l'Association de coordination technique agricole (ACTA), tête de réseau des instituts techniques, soit privilégiée comme structure de coordination des actions de recherche et développement pour l'agriculture biologique. Un comité scientifique de l'agriculture biologique devrait être créé et placé auprès du conseil scientifique de l'ACTA et la création d'un Réseau mixte technologique en agriculture biologique pourrait être labellisé prochainement.

Michel Barnier a également annoncé, devant le grand conseil d'orientation de l'Agence Bio qu'il réserverait à l'agriculture biologique une enveloppe de 1 million d'euros au sein de l'appel à projet d'innovation et de partenariat financé par le Compte d'affectation spéciale du développement agricole et rural (CASDAR).

De manière à organiser et structurer les filières, une priorité d'accès au Fonds d'intervention stratégique des industries agroalimentaires (FISIAA) sera instaurée pour les entreprises développant une activité de transformation de produits biologiques. L'Agence Bio, qui sera dotée d'un fonds de structuration des filières de 3 millions d'euros par an pendant cinq années, verra en outre son action renforcée. Ce fonds permettra d'accompagner des projets impliquant différents maillons des filières et visant à garantir aux producteurs des débouchés ainsi qu'une valorisation de leurs produits, et aux opérateurs de l'aval un approvisionnement régulier, a expliqué Michel Barnier.

Le ministre a par ailleurs souligné son souhait de voir les produits bios figurer systématiquement au menu des restaurants scolaires de l'enseignement agricole.

Enfin, pour que les surfaces consacrées à l'agriculture biologique progressent, le ministre a annoncé qu'une revalorisation du crédit d'impôt serait proposée au Parlement. Un crédit d'impôt pérennisé et rénové devra non seulement permettre le maintien des producteurs convertis sur leurs exploitations mais également favoriser les transmissions d'exploitations bio, a précisé Michel Barnier.

Sébastien Genest, président de France Nature environnement (FNE), a exprimé sa satisfaction concernant ce plan qui répond, selon lui, à l'objectif de 10% de la surface agricole française consacrée à cette agriculture. Il est très encourageant que soient reconnus la qualité et le rôle essentiels de l'agriculture biologique et que soit affichée la volonté de lui donner une place significative dans le paysage agricole français, s'est félicité Sébastien Genest.

La Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) a également accueilli avec satisfaction l'annonce de ce plan. La volonté du ministre de développer la formation et de donner des moyens conséquents à la recherche, tout comme la proposition de pérenniser un crédit d'impôt revalorisé, l'assurance donnée aux représentants de la bio d'être dans les organes consultatifs de l'Etat vont totalement dans le sens des demandes exprimées par notre fédération, indique la Fédération. Il reste cependant à connaître les mesures concrètes que contiendra le plan, précise-t-elle.
De ce fait, la FNAB attend des éclaircissements en matière de recherche et de l'articulation de ce plan avec la politique agricole : le développement des OGM et des cultures énergétiques, la non réorientation de la PAC vers l'excellence environnementale seront autant de freins à ce plan qu'il convient encore de lever, estime la Fédération. Elle voit en outre quelques bémols dans ce plan : elle aurait espéré une hausse des aides d'Etat aux structures de développement de la bio et se dit réticente à voir l'ACTA coordonner les actions de recherche et développement.

Ce projet qui doit mobiliser l'ensemble des acteurs publics et privés, producteurs, transformateurs ou distributeurs sera l'une des contributions du ministère de l'agriculture et de la forêt dans le cadre du grenelle de l'environnement. Il s'agit d'un plan global et cohérent, qui prend en compte les réflexions engagées par les groupes de travail réunis dans ce cadre, a souligné le ministre de l'agriculture et de la pêche.

Avec ce plan, le secteur de l'agriculture bio est donc désormais en droit d'espérer qu'il (re)trouvera enfin sa place dans l'agriculture française. Rendez-vous est d'ores et déjà pris le 2 octobre prochain aux Assises nationales de l'agriculture biologique où les aspects recherche, développement et formation seront plus particulièrement approfondis.

C.SEGHIER

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Réactions à cet article
du bla bla
il serait temps !!
vers l'agro-éclogie...
C'EST PAS VRAI ?

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Organisme Génétiquement Modifié (OGM)

Agriculture biologique


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